Lundi 14 novembre 2016 dans le train pour Gorakpur India

par Daniel KIRCHER  -  22 Novembre 2016, 06:26

Quand je me réveille, je me rends compte que les couchettes autour de moi sont occupées, et que je n'ai rien entendu pendant mon sommeil; absolument rien.

 

Cela m'inquiète un peu, et je vérifie rapidement que toutes mes affaires soient bien là...
J'avais bien sûr fixé mon sac avec une chaînette et un cadenas...

Tout semble à sa place...

À une arrêt, un homme assez grand et bedonnant monte dans mon compartiment avec ce que je pense être ses deux enfants...
Il a la bouche pleine de betel, et parle en indien.
Je sens qu'il me parle,... mais la bouche pleine, je trouve cela irrespectueux....Je ne fais pas attention à lui....

Il va faire un tour dans le couloir, et revient...
Il me parle de nouveau, et moi je continue à jouer tranquillement sur ma tablette.
Puis je lève enfin les yeux. 
Il me montre mon gros sac à doc sur la couchette au dessus de moi, et continue de me parler en indien, la bouche pleine. (Il est obligé de parler la tête en l'air, pour ne pas être asphyxié par son betel. Il parle donc debout, la tête en l'air, à moi qui suis assis en face de lui).
Après m'avoir montré mon sac au dessus de moi, il me montre le sol, sous mon siège.
J'ai bien compris ce qu'il veut, mais les couchettes hautes ne sont en principe disponibles qu'à l'heure du coucher, ou bien la nuit, pas au milieu de la journée.

Je fais semblant de ne pas comprendre...
Il continue de me parler...
En Hindi...

Et là, j'éclate... Trop, c'est trop, pour qui se prennent-ils ces indiens.
Je l'imite en parlant avec une patate chaude dans la bouche (ce qui fait sourire les autres voyageurs du compartiment, ainsi que ses propres enfants).

Je lui explique rudement que s'il a à me parler, il peut:
et cracher son mélange rouge, et me parler simplement en anglais.
Je retire mon gros sac de la couchette supérieure et le balance sous mon siège...
Je lui dis qu'il peut maintenant aller s'allonger...en lui désignant la couchette libre.

La couchette restera libre pendant tout le reste du voyage; "Monsieur" ne voulait simplement pas voir mon sac sur SA couchette...

Une bien belle indienne.

Une bien belle indienne.

Quand j'arrive à Gorakpur, il est 16h30.
Et je me dis que si je prends un transport maintenant pour Varanasi, je peux sans doute y arriver au milieu de la nuit...
C'est tout à fait faisable.

Je marche jusqu'à la gare routière, poursuivi par une dizaine de rickshaws men en mal de clients.

Au terminal des bus, j'en attrape un, pourri de chez pourri...
Pour changer les vitesses, le chauffeur doit se cramponner à deux mains sur un immense levier de vitesse, et le tirer en arrière; ce qui fait se soulever également le gros capot du moteur.
Il faut de plus qu'il s'y prenne à trois ou quatre fois pour pouvoir arriver à passer la vitesse en faisant cruellement craquer le moteur.

Deux cents kilomètres....., je me dis qu'en Inde c'est tout a fait faisable, comme la boite de vitesse peut également rendre l'ame au bout de 200m....
Et la nuit...

Ils sont fous ces indiens...

17h30....

Pour une fois, on est à l'heure...
Il faut peut être simplement chasser le pessimisme..., et faire confiance à la machine qui n'en peut plus!

À demain

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