Jeudi 8 Décembre 2016 Aglao Philippines

par Daniel KIRCHER  -  24 Décembre 2016, 11:10

Lever à 7h...

Mon lit au Barangay

 

Mon ventre est toujours à bouillonner, et il me faudra voir un médecin dès que je serai de nouveau à Manilla, j'en ai ras le bol.

Je m'achète des petits gâteaux, et de l'eau. À 7h30, je vois passer mon guide en moto, avec une heure d'avance.

Celui là, m'a bien l'air pressé....Me dis je.
Il me fait signe de monter derrière lui....
Et nous partons vers le lac...
À 300m de là....

Nous voilà en route...

Nous voilà en route...

Je monte sur un petit bateau à balancier, qui prend rapidement la direction de la rive opposé du lac...
Tout va bien!
De l'autre côté, le bateau n'accoste pas directement sur le rivage, et le guide me porte sur ses épaules pendant quelques mètres...
Ensuite tout se complique, et je suis rapidement mis au parfum...
Au pas de charge, dans un terrain plutot marécageux.
Pas facile....

Je le suis, mais je sens le gars qui veut m'écoeurer, et me faire rebrousser chemin...(tout en empochant l'argent promis, évidemment).

Le terrain maintenant est en plein soleil, sans un brin d'ombre...
Le sol est pour moi du sable, jusqu'à ce que je m'apercoive que le sable est plutôt de la cendre grise...
Avec de petits cailloux étranges...
Mais la marche est aussi épuisante que dans du sable...

Mon rythme cardiaque s'accélère sérieusement....
Je ne tiendrais plus très longtemps à cette vitesse...
Cela me semble insensé...

Pas un brin d'ombre, donc aucun endroit où il est possible de se reposer.... 
Il ne faut surtout pas se reposer, ni penser à s'arrêter....
Je sue à grosses gouttes sous mon chapeau...et je souffre véritablement de la chaleur écrasante. 


Il n'y a qu'une solution.... imposer le rythme de la marche de l'arrière et ne jamais en déroger et forcer ainsi mon guide à ralentir...

Je suis tranquille; je vois de très loin l'endroit où je veux aller, et je peux même y aller seul...


Au bout de deux kilomètres, la qualité du sable a un peu changé, et il est plus facile de marcher.

De la cendre, et de petites boules de pétanque....

De la cendre, et de petites boules de pétanque....

Puis des roches plus grosses...

Puis des roches plus grosses...

Je commence à voir également des roches de plus en plus grosses, des bombes.
Des pierres de quelques dizaines de kilos, éjectés de la projection du dôme de la montagne.

Je continue à conserver mon rythme de marche...
Pas question de faire de cadeau à mon guide...

Nous traversons une rivière un peu tumultueuse, et je dois faire attention maintenant de ne pas glisser. Je n'ai pas voulu monter sur ses épaules,  on serait tombé de suite...

Le paysage est extraordinaire, mais sans ombre...

 

 

 

Après deux heures et demie de marche, j'approche du 
Lahar

Et le soleil daigne un peu se cacher; je me bois un peu d'eau, enfin...

Arrivés au début des canyons de cendres je propose à mon guide de m'attendre. Je veux être tranquille pour prendre des photos....
Le gars ne se fait pas prier...
(Lui il attend l'argent, un point c'est tout...)

Étonnantes ces formes....(en plus, je me rends compte que la photo n'est pas terrible)

Étonnantes ces formes....(en plus, je me rends compte que la photo n'est pas terrible)

Je découvre ces formes incroyables constituées de cendres issues des éruptions de 1991.
Les cendres se sont accumulées sur des dizaines de mètres, et la pluie y a creusé de profonds sillons.
Impressionnant...

Je reste une bonne demie heure...puis fais demi tour, et rejoins mon guide...

 

Images du Lahar...
Images du Lahar...Images du Lahar...

Images du Lahar...

Nous repartons de la même façon, au pas de charge...et moi je le ralentis...


Il n'est pas loin de 13h, et la chaleur est maintenant horrible, même en marchant lentement..., et toujours pas question de s'arrêter dans cette fournaise...


Je me demande si je ne suis pas maintenant au delà de mes forces, et si mon coeur battant de nouveau la chamade parviendra à tenir le coup!

C'est peut être ainsi que cela se passe finalement, un coup de chaud cardiaque, et adieu tout le monde...

Le lac est maintenant à 500m,...

500m interminables....

Je me demande vraiment comment mon corps peut faire ça...?


Enfin nous arrivons... La chaleur, toujours harassante. ..

Au Barangay,  je m'assois hébété....

Là, je crois que c'était réellement un peu fou, et inconscient...
Surtout de la part de mon guide qui connaissait très bien les difficultés d'une telle expédition...
 

Je me prends une bonne bière, puis pars dire au revoir à Cecilia Antonio.
Je passe à côté d'un nouveau repas pour chien....

Mais Cécilia fait tellement avec ses petits moyens...Que je lui pardonne facilement; et c'est aussi il faut bien l'imaginer, ce qu'elle mange...

Quand je lui dis au revoir, je la sens au bord des larmes...
Une adorable femme...
Je lui promets de revenir, et prends le chemin d'un abri de jeepney sur le bord de la route.

Maintenant, il me faut attendre...

Patiemment.

Les gens que je croise me demandent ce que je fais là. Il n'y a plus de transport à cette heure, cela sera maintenant demain...

J'attends malgré tout encore un peu....

Puis capitule.

Je reviens vers le village dépité, et retourne voir Cécilia.
Elle est bien sur étonnée de me voir.

Je lui dis que je lui avais promis de revenir la voir sans vraiment lui dire quand...
- "Et bien"..... lui dis je....

-"C'est aujourd'hui!".....

Je lui demande si je peux dormir chez elle...
Bien sûr me répond-elle. 
Et elle m'offre de nouveau avec gentillesse un repas immangeable...
J'essaye, je fais un effort, mais déjà je n'ai pas faim, et ensuite pour manger quelque chose de dégueulasse, je ne suis absolument pas prêt...
Je mange tout de même 4 bouchées mais vraiment, vraiment par politesse....
Je ne peux pas faire plus...

Je sors ensuite mon duvet, m'asperge d'antimoustique, puis m'endors sur son canapé...

Demain le jeepney est à 7h du matin...

À demain 

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Caro 14/01/2017 08:58

On te dirais dans une émission de survie...