Samedi 26 novembre 2016 Kolkata India

par Daniel KIRCHER  -  9 Décembre 2016, 10:19

Quelques brèves (de comptoir)...

1/Les véhicules de pompiers à Kolkata en tout cas, ont un signal sonore Pim Pom, évidemment, mais il y a sur chaque véhicule également, une vraie cloche actionnée à la main, comme au bon vieux temps.

Elle est pratiquement inaudible à cause des bruits de klaxons des véhicules ordinaires, et du klaxon de la voiture de pompier elle même..., mais il y a un préposé à la cloche...

2/J'ai eu la chance de voir une Glamour Training Car, un véhicule auto école dans le chaos de la circulation de Kolkata. 

Pour la traduction de "training car", je ne sais si c'est réellement une auto école, ou si c'est simplement un véhicule d'entraînement.....?

Entrainement à la conduite extrême, ce que je comprends mieux.

Je n'ai malheureusement pas pris de photo, mais le véhicule était défoncé de tous les côtés, et le pare choc avant était tenu à un bout par de la ficelle...

La portière conducteur enfoncée était en piteux état.

La personne que je pense être le moniteur d'auto école, avait le bras à l'extérieur, et faisait des signes invraisemblables pour indiquer que le véhicule tournait à gauche...

Le véhicule ne devait sans doute pas avoir de clignotants...

Le petit jeune qui apprenait à conduire semblait lui, terrorisé....

3/ J'ai pu voir une fois également une personne changer la roue de son véhicule, tranquillement arrêté au beau millieu d'une rue, en plein embouteillage.

 4/ Le téléphone portable est important en inde, et il m'est arrivé de voir des gens se prosterner dans un temple, le portable collé à l'oreille....

5/ j'ai pu voir également des personnes descendre d'un bus dans un embouteillage, foncer vers un temple en courant, y jeter une pièce de monnaie, et courir de nouveau pour rattraper leur bus.

Un allemand, avec qui je prenais mon petit déjeuner au Blue Sky, m'expliquait que pour lui, l'inde nous montrait ce qu'était la vie extrême, et ce que pouvait être une vie apocalyptique.

Je ne vois vraiment pas la prochaine étape de l'Inde....un énorme cataclysme?....

 

 

Quand je me lève le matin, mon premier travail, est de me moucher; plusieurs fois...Mes bronches sont complètement pleines de saletés de la journée précédente.

Une horreur...

J'aimerais faire aujourd'hui un tour au temple de Khaligat, qui est un des plus vieux temple de Kolkata, et l'un des plus vénérés.

Je passe par l'atroce marché aux poules, où je vois des volatiles pendus à l'arrière d'un scooter et touchant ainsi, le pot d'échappement brûlant du véhicule.....

Il est vrai que dans un pays où des femmes peuvent être aussi facilement aspergées d'acide, le sort de quelques poules cramées juste avant de mourir, n'intéresse vraiment pas grand monde....

Je passe ensuite près de cette couverture....

 dans laquelle dort une jeune femme, entourée de trois chiens.

Une chienne en haut de la photo et ses deux chiots, qui apparemment ont trouvé refuge auprès de cette femme sans domicile.

J'ai pu voir un jour son visage; elle chahuttait avec un des chiots, et l'embrassait tendrement en riant comme si c'était un enfant...

J'ai cette image d'elle qui me poursuit...

Je me suis dis alors que je passerais la voir tous les jours, au moins les quelques jours qui me restent à passer en inde.

Je me suis approché de la couverture...

Elle s'est subitement découverte, et m'a souri. Un sourire magnifique, et triste en même  temps.

Je lui ai donné un peu d'argent, puis ai continué ma route vers le blue sky...

Au Blue Sky je prends mon petit déjeuner et prends la direction de Khalighat, à pied. Le temple est à environ 3 kms.

J'essaye maintenant de prendre au maximum les petites ruelles, ceci afin de limiter la pollution par les gaz d'échappements des véhicules que je ne supporte plus.

- "Ou allez vous Sir?" me demande soudain une femme derrière moi. je me retourne; un homme à la mine pas très engageante est à côté d'elle.

- "Je vais au temple de Kalighat!"

Les deux policiers ont des talkie-walkies et me font clairement comprendre que cela serait bien que je deguerpisse rapidement...

- "Le premier ministre va bientôt arriver...alors avancez."

De toute facon, c'est ce que je faisais....et en regardant autour de moi, je vois de nombreuses voitures banalisées, aux vitres teintées ....

Je continue ma route vers le temple...

Un homme un peu fou se met à un moment en travers de mon chemin:

- "Où allez vous sir? À Khalighat?" 

- "Oui!"

Et il se met à me beugler:

- "Pas de photo, ni de téléphone, vous devez retirer vos chaussures, et laisser votre sac dehors; je suis un prêtre, suivez moi, et donnez moi 100 roupies."

Je commence à bouillir.

- "Mais je ne veux pas vous suivre."

- "Vous voulez aller à Khalighat?"

- "Oui, mais pas avec vous!...." Et le soit disant prêtre disparait...

Mais quelle bande de fous ici.....!!!! C'est l'air irrespirable qui fait ça?

Enfin le temple est là assez petit...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et qui dit Kali, dit bêtes à égorger....

Chouette....

 

Les enfants sont conviés au spectacle du massacre de la bête...

Qu'ils caressent tendrement pour la dernière fois.

Il me semble qu'en Espagne, et même chez nous, la corrida....

Mais revenons à nos moutons...

Le mur du temple est souillé du sang des animaux...
Le mur du temple est souillé du sang des animaux...

Le mur du temple est souillé du sang des animaux...

Les cadavres sont rapidement découpés en petits morceaux; une tête est découpée elle, en une vingtaine de morceaux....

Les chiens, comme des vautours, attendent....

Puis deux billes roulent par terre, rapidement avalées par les canidés; les yeux de la chèvre n'ont pas fait long feu.

Je quitte l'endroit, tout de même un peu écoeuré.... 

Cela ne ressemble vraiment pas à l'inde que je suis venu voir...

 

Et puis un bâtiment avec de petits dômes, façon mille et une nuits, juste à côté du temple de Kali, retient mon attention ....

 

Je fais le tour...

C'est là que mère Teresa et ses soeurs de la charité reçoivent les pauvres parmi les pauvres, et les accompagnent jusqu'à leur dernier soupir: Nirmal Hriday.

 

Je suis surpris, aucune publicité n'est faite sur l'emplacement de ce lieu d'accueil.

 

 

Pour faire du bénévolat ici, il faut s'inscrire à l'avance directement au couvent des soeurs (Là où se trouve la tombe de mère Teresa); Le batiment que je vois est donc, d'après ce que j'ai compris, cachée aux personnes non retenues comme bénévoles.....

La porte d'entrée est ouverte, je pénétre dans le bâtiment....

Un petit mur derrière la porte d'entrée, empêche de voir ce qui se passe à l'intérieur.

Un panneau, bien en évidence indique: "Les photos sont strictement interdites." 

Devant un petit bureau, se trouve ce que je pense être un gardien. il me tend un grand registre, et j'y inscris mon nom, ma nationalité.

Puis je rentre....dans le bâtiment.

(J'y vais un peu au culot....j'y suis bien obligé.)

Une ardoise indique le nombre d'entrées du jour, de sorties, de blessés, et de morts.

Aujourd'hui est un jour faste, pas de mort.

Sur ma gauche une grande salle, un peu sordide, et une cinquantaine de lits. Chacun lit a un drap bleu foncé. et une alèse noire.

La salle est entièrement vide, à part deux lits occupés tout à fait au fond, installés derrière des paravents, à l'abri du regard des autres.

J'entends de nombreuses personnes dans une autre salle contiguë à la première.

Je vais voir ce qui s'y passe....

Il y a là des tables, et des bancs en bois. Sur une estrade basse, deux grandes casseroles fument. De la soupe, du dal, et du riz.  

Je regarde les personnes qui sont là, et qui m'ont repérées.

Deux d'entre elles ont un balancement, au combien connu, une autre tourne et retourne je ne sais quel objet, dans sa main....

Hé bien, je suis en terrain connu......

Mais que font donc ces gens ici?

Il y a dans une petite salle à côté de la salle à manger une personne allongée qui se fait soigner. elle n'a pratiquement plus de peau sur l'avant bras, sur une bonne trentaine de centimètres...

Une soeur est en train de la nettoyer, aidée par un occidental que je pense être français. Peut être médecin à la retraite...

Personne ne semble avoir remarqué ma présence...

 

 

Je monte un escalier de six ou sept marches, passe une étrange grille ouverte, redescend de l'autre côté le même nombre de marche, et me retrouve dans un dortoir similaire au premier que j'avais rencontré à mon arrivée.

Je comprends à la population que j'y trouve que je suis maintenant chez les femmes.
Séparées des hommes...
Là aussi, ce sont des handicapées mentales, pour la plupart. 

Une vieille femme est accroupie sur le sol, la chemise de nuit relevée sur elle. Elle se déplace en se frottant le cul par terre.

Je m'assois sur un banc à côté de deux résidentes édentées, et j'observe...
L'une des 4 ou 5 soeurs présentes m'a enfin repéré. Elle me dit quelque chose que je ne comprends pas, mais m'indique clairement que je n'ai rien à faire ici. (C'est à dire chez les femmes).
Je repasse ma grille en haut de l'escalier, et monte à l'étage.

Il y a là comme une salle de réunion, où plusieurs occidentaux sont en train de déjeuner...., et de discuter entre eux, en francais, et en anglais. Un peu plus loin, une porte où je peux lire: Réservé aux soeurs. 

Personne ne s'inquiète de ma présence, m'a t'on simplement apercu?

Je me dirige vers la sortie. Dans un plateau, plusieurs bocaux de médicaments, et des pilluliers en plastique. Amoxicilline, Augmentin......

Des dragées médicamenteuses connues....

Je suis étonné de ne pas avoir réellement vu de personne en fin de vie...

Si je me place maintenant en temps que bénévole potentiel, j'essaye d'imaginer l'aide que je pourrais apporter dans un tel endroit....

À part la toilette, l'habillage, le repas, le déshabillage......

Rien, il n'y a rien de visible....

J'ai entr'aperçu chez les femmes un cahier de coloriage, et quelques crayons de couleurs...

Rien d'autre.....

J'ai du rester là en tout, 30 mn.....

Je reconnais que ce n'est pas vraiment suffisant pour se faire une idée correcte de l'organisation, mais je vous transmets ce lien qui donne également un point de vue, plutôt interrogatif...

 

 

Je ressors de l'endroit, un peu déboussolé..., passe à côté du temple de Kali, et reprends mon périple, cette fois vers le nord, et vers le Blue Sky.

Finalement vers le repas.... Un petit havre de paix dans ce monde de brutes.... 

Puis je regarde la carte, et m'apercois qu'une énorme gare n'est pas loin de mon hôtel..., et les gares pour moi sont toujours synonymes de changement, d'espoirs, de désespérances aussi... 

Il y a, j'en suis sûr des choses à voir,... à ressentir....

Et je ne m'étais pas trompé...    

La gare de Sealdah...

Je m'aventure sur les quais, observe les gens, les regards, les mouvements de trains.

 

La cohue incroyable parfois...

 

 

 

Et puis le quai se vide....(Il y a beaucoup d'autres quais)...

Et sur le quai vide, il y a une femme assise que je vois de dos, la tête penchée vers l'avant....ses maigres affaires sont derrière elle; appartenance dérisoire...

 

Je prends plusieurs photos d'elle, et bouleversé par cette vision, je pars la voir...

Est-elle droguée? Je ne sais pas....

Elle ne lève pas la tête... Je lui donne un billet de 50 roupies...que je cache bien dans sa main.

Elle le regarde, et ferme sa main sur le billet....

Je m'éloigne...

Puis lentement quitte la gare.

J'ai le temps encore de photographier la liste des criminels recherchés par la police dans le cadre de la lutte contre la drogue....

 

À demain.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Caro 10/12/2016 00:39

Vivement un petit retour à la "civilisation". C'est déroutant à la longue.

Sophie 09/12/2016 21:32

c'est sûr l'Inde n'est pas un pays pour moi !!!!! L'idée de me promener et de voir des sacrifices d'animaux au coin des rues c'est pas pour moi !!!!!